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 Le Prince et la Mort.

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Kellen
SPIRIT
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Féminin Nombre de messages : 3381
Age : 32
Titre : Leronis ambassadrice de la paix
Date d'inscription : 08/05/2005

MessageSujet: Le Prince et la Mort.   Mer 20 Sep - 0:45

*Dans sa tour de verre, kellen parcourait divers manuscrits et livres reliés contant légendes et histoires des temps passé et des mondes oubliés.
Elle retrouva dans sa bibliothèque une oeuvre qu'elle avait alors oublié, mais qu'elle voulait faire partager au seigneur Sephiroth Kamui.
En, effet, ce livre portait en son sein diverses histoires concernant la mort, et Kellen pensait que ce récit, cette vision de la mort traitée dans une des histoires couchées sur le papier par une plume délicate et une main habile et sensible saurait capté l'attention du seigneur qui vénérait le Dieu Anubis.
Voiçi cette histoire que Kellen lu à haute voix pour s'imprégner plus avant de la douceur des mots et de la force des émotions : *


La mort mène une existence bine solitaire, laborieuse et répétitive.
Mais une fois il en alla autrement.
A la fin du mois de mai 1223, l'armée coalisée des principautés russes et de leurs alliés turcs kipchaks, forte de presque 100 000 hommes, rencontra l'armée mongole de Gengis khan, non loin de la rivière Kalka. En fait d'armée mongole, il ne s'agissait que d'une partie de celle-ci commandée par Jochi, le fils ainé de Khan.
Sa supériorité tactique lui permit de triompher de ses adversaires russes. Les mongols erraient donc au milieu des corps jonchant la steppe, secourant les leurs, achevant les chrétiens trop griévement blessés pour être fait prisonniers, détroussant les cadavres... Un officier de cavalerie lourde dégagea un captif de valeur qui était resté piégé sous le cadavre de son destrier percé de flèches. Ce russe était prince à n'en pas douter. Il arborait le chapeau garni de fourrures et sous son armure, le korno, le manteau reservé à ceux de son rang. C'était son masque métallique qui intriguait. Les troupes d'élite de la cavalerie utilisaient de telles protections faciales, mais celui ci, en argent et prodigieusement ciselé, évoquait des statues grecques dont raffolaient les bizantins. L'officier l'ota et s'immobilisa stupéfait. Derrière la facade d'Adonis en argent se trouvait un visage à nul autre semblable. Non il était plus que cela il incarnait la perfection. Le mongol fut si troublé que le somptueux masque lui glissa des doigts et alla s'enfoncer dans la boue sanglante de la berge. Une fortune enlisée dans la fange de la bataille. Le Mongol frémit, ce qui ne lui était pas arrivé tandis qu'il entrainait ses combattants engoncés dans l'acier dans un choc frontal contre la cavalerie russe. Il tendit la main mais interrompit son ébauche de caresse. IL est des gestes qui sont reservés aux Dieux. Aux dieux ou à ceux qui sont aussi puissants qu'eux. L'officier conduisit ce prisonnier aux trois commandants en chef de son armée.
Ceux-ci festoyaient joyeusement sur de lourds panneaux de bois qui écrasaient les chefs russes.
Les prisonniers ligotés, et allongés suffoquaient lentement.
Le jeune captif, le prince Yuri Romanovitch, ne fut pas choqué par cette vision même si il reconnut deux de ses cousins la bouche ouverte, haletant comme des brochés jetés hors de l'eau. Il avait si souvent été confronté à la mort et à la souffrance....
S'il titubait s'était uniquement à cause de ses blessures et parce que il avait le tournis à force d'avoir vu les archers montés mongols tournoyer autour des siens en les criblant de leurs traits fulgurants.
Un des général s'approcha de lui en riant mais son hilarité tourna court, une telle beauté imposait silence. Il demeura longuement à contempler ce visage. Lorsqu'il s'exprima enfin, ce fut en russe et le prince se maudit d'avoir sous-estimé un adversaire qui avait prit la peine d'apprendre sa langue et s'était donc longuement renseigné sur ceux qu'il allait affronter.


-Tu es étonnant jeune prince de Kiev. Quel dommage que tu ne sois pas une femme car je t'aurais fait l'honneur de te prendre pour concubine. Je te convierais bien à notre festin mais hélas il n'y a plus de place sur les planches. Comprends tu, tu es au moins le dixième prince que nous capturons aujourd'hui... cependant ta mort sera digne de ta beauté....

Le général donna des ordres dans sa langue. Le prince Yuri Romanovitch futr encerclé à distance par quatre archers dont les flèches n'auraient pas laissé s'échapper un rat. L'officier qui lui avait oter son masque demanda quelque chose au général et celui-ci accepta en riant. Ce cavalier entravé par sa lourde armure, enfourcha péniblement sa monture et vient prendre position à deux cent pas de là. Puis il lanca son destrier droit sur le jeune prince.
Excédé par cette beauté qu'il ne possédait pas et dont il n'avait pu abusé, il avait décidé de piétiner celle-ci jusqu'à anéantissement. Puisqu'il n'avait pu passer sur le corps de cet homme, son cheval le ferait à sa place.


-Controle toi petit russe hurla le général, ne tente pas de fuir, ne ferme pas les yeux : meurs en prince de Kiev !

Le galop s'accélérait, la silhouette grandissait et envahissait rapidement l'horizon du russe. Alors le temps d'une poussière de seconde, le prince se retrouva face à la mort.
IL en était ainsi pour chacun lors de son dernier instant.
La MOrt elle même fut saisie par la beauté, elle qui avait pourtant fait face à plus d'êtres qu'elles ne sauraient en compter les hommes. Elle réalisa que ce visage était non seulement situé au delà de toute éloge mais qu'en plus il lui souriait....
Un tel accueil était si rare. Elle le trouvait parfois chez les vieillards sans age ou les malades ou griévement blessés par une longue agonie. La mort eut le sentiment d'un évement profondément inhabituel, elle vit ses mains, ses propres mains. Et celles-ci n'étaient plus des alignements d'os crispés en serres, il s'agissait de belles mains, de belles et véritables mains. La Mort avait coutume d'apparaitre à celui qu'elle venait chercher sous l'apparence que celui-ci lui pretait dans ses pensées. Pour les chrétiens, elle était presque invariablement effroyable, squelette hideux drapé dans son long manetau noir aux pans de lambeaux. La MOrt se passa les mains sur son visage et réalisa qu'en cet instant, elle était femme et elle était belle. La prince sourit plus encore devant ce geste.


-Prince Yuri Romanovitch, tu me reserves un acceuil bien inhabituel déclara la Mort d'une voix douce. Es tu sur de savoir qui je suis réellement ?
-Je ne suis point fol, ma dame je vous assure.

La Mort décida de prolonger ce moment. Habituellement, elle abrégeait prestement ce qui n'était que scenes pénibles de désolation, de suplications.

-Ne me crains tu donc pas ? N'aimes tu point la vie ?
-La vie et la mOrt... Tout le monde les oppose quand moi je les mêle, vous me connaissez bien , n'est ce pas ? vous avez emporté mon père, ma mère et plus de 20 de mes proches. ET surtout vous m'avez si souvent frolé.
-Je me suis déjà rapprochée de toi, en effet. Toutes ces fois où tu te vidais de ton sang, tu portais toujours un masque d'argent. Quel est d'ailleurs le sens de cette étrange parure ?
-Je souffre d'une maladie aussi rare que noble, noble car elle afflige fréquement les têtes couronnées. Mon sang ne se solidifie pas au niveau de mes blessures. Je porte donc ce masque pour me protéger le visage. Celui-ci est si beau : qu'elle tristesse s'il venait à être entaillée.

La Mort s'amusa de cette vanité et de la sincérité naive du jeune prince.

-IL existe une autre raison, ajouta le prince, mon visage est si attirant qu'il en est une malédiction. Il a suscité bien des amours pasisonnés, qui par dépit ont rapidement viré à la haine. On passe si facilement d'un extrême à l'autre....
-Aussi aisément qu'un lait succulent devient jus infect le lendemeain pour avoir tourné. TU n'imaginerais pas le nombre de personnes qui m'ont rencontré prématurément à la suite d'un subit basculement de ce genre...
-Mais mieux vaut pour moi cacher mes traits. Je n'exhibe mon vrai visage que lorsque le protocole m'y oblige : une parade devant le peuple, une veillée funèbre, un haut conseil.... Voilà un point commun entre nous : nos vrais visages sont cachés. Au moins ai je le loisir de choisir mon masque tandis que le superstition vous atribue un facies de squellette.

La mort fut une nouvelle fois troublée. Cette rencontre lui plaisait, hélas il était temps d'y mettre un terme.

-Prince Yuri Romanovitch, tu te trompes quand tu crois que je te connais, si je t'ai souvent rendu visite, je ne me suis jamais attardée, tu t'accrochais à la vie et moi j'ai toujours tant à faire....
-Hé bien moi, je vous connais clama le jeune prince.
-Nul humain ne me connait, aucune de vos expériences ne peut vous laisser entrevoir ce qu'est mon existence...
-Par le christ, je jure que cela est faux ! Mes parents sont tombés sous les coups des lituaniens alors que je n'avais que deux ans. Juqu'à il y quelques mois, de nombreuses personnes étaient mieux placées que moi pour succéder au trone de Kiev, mais vous les connaissez ceux-là, vous les avez tous emportés ces dernières années. De plus du fait de ma maladie, nul ne croyait que j'atteindrais l'âge adulte, cent fois durant mon enfance, j'ai saigné des heures entières, à la suite d'une chute, d'une bagarre, d'une ruade de cheval.... J'ai passé des jours et des nuits alongé sur ma couche, appliquant des linges sombres sur mes plaies, sombres pour que l'on vit moins le sang les imbiber. La sang coulait, encore et encore, imprégnant les tissus dégorgeant d'eux et ruisselant sur mes habits princiers, suintant jusque sur me draps d'or pour les noyer à leur tour... Et qui était à mes cotés durant ces interminables supplices ?
Vous ! Aucun de mes proches n'étaient là, ILs étaient trop occupés à consolider leur pouvoir. POurquoi auraient ils consacrés leur temps au petit prince couleur de neige dont tous considéraient la fin imminente.
Comment auraient ils recoltés le fruit de cet investissement ? Non, vous et vous seule avez partagé ces moments avec moi. Vous m'avez tenu compagnie durant ces épreuves comme l'eut fait ma mère si elle eut été encore en vie. Donc, je vous en supplie, ne dites point que je ne vous connait pas, sans vous, je me serai laissé mourrir. La disparition des miens, mon rang de prince, ma maladie et ce visage qui trouble tant les gens : tout cela à fait de moi le plus solitaire des hommes. Or qui est la femme la plus solitaire au monde sinon la Mort ? De qui pourrais je me rapprocher le plus, de gré ou de force sinon vous ?

La Mort ne sut que répondre, elle contemplait ce jeune homme à la beaué miraculeuse qui l'acceuillait comme une amie chère. ET ce corps de femme épanouie qu'il lui pretait.... Au lieu de renoncer à tout cela, pour la première fois, la mOrt brava les interdits...
Le prince Yuri Romanivitch se retrouva face au cavalier mongol qui était déjà presque sur lui, entouré de projections de terre. Ce galop retentissait dans ces oreiles tandis que le sol tremblait sous ses pieds. Subitement, l'officier et sa monture s'effondrèrent et basculèrent sur le coté dans un enchevetrement de mains, de jambes et d'etriers, comme foudroyés par une invisible sanction. La consternation s'abbatit sur les mongols, en cette période de superstitions, le général savait que, s'il ne prenait pas la parole, il lui faudrait sous peu galoper derrière des soldats pour leurs crier que les esprits dont ils se croyaient poursuivis n'existaient que dans leurs têtes.



-J'ai remporté une victoire presque totale sur une puissante coalition et j'ai terrassé dix princes ennemis. Il semble que j'offense les esprits en leur réclamant plus encore aujourd'hui. Petit russe, si tu me fais la promesse de ne jamais plus lever d'armée contre nous, j'accepte de te libérer.


Le prince Yuri Romanovitch accepta, et ce, d'autant plus facilement que l'élite de son armée agonisait dans la steppe... Le général reprit son festin mais tant que les silhouettes du prince et d'une modeste escorte également graciée n'eurent pas disparues à l'horizon, le chef mongol dut se forcer à déglutir, s'attendant à tout moment à être frappé par quelque entité invisible. Durant ces longues minutes, il ne respira guère plus aisément que ceux qu'il écrasait....


Kellen finit sa lecture, le coeur empreint de tristesse mais rempli de cette douce mélopée poétique. Elle rêva quelques instants puis décida de partir se coucher. Demain, elle retrouverait la suite de ce livre, de cette histoire étrange mais si belle. Sa pierre étoile brillait au moment de son départ et le deuxième livre sortit doucement de la bibliothèque pour se poser sur la table de bois sculpté.
Demain...


Dernière édition par le Mer 20 Sep - 12:08, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Le Prince et la Mort.   Mer 20 Sep - 8:26

[hrp] très joli #085 !! belle connaissance guerrière pour quelqu'un qui prone la paix ! mais belle demonstration de celle ci !

la suite ! [/hrp]
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Floto
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Titre : Fouetteur fou à la retraite.
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MessageSujet: Re: Le Prince et la Mort.   Mer 20 Sep - 11:55

*Le Seigneur Floto, passait dans la Citadelle ce soir là, il le faisait rarement, mais la douce voix de l’Ambassadrice avait attiré son attention, et fait rare, il errait dans la tour sans son fidèle compagnon : Patriiick.
Il s’approcha de la bibliothèque, s’adossa dans un coin sombre, et écouta avec attention, en évitant de se faire remarquer…*

*Lorsque Kellen eut terminé son récit, le Seigneur s’approcha de cette dernière, inclina la tête et s’adressa d’une voix douce et fluette :*


Très beau récit chère Ambassadrice, j’attends la suite avec impatience. Bien que les noms de ces tribus barbares me soient totalement inconnus, j’avoue que l’intrigue est captivante. Si je puis me permettre, j’aimerai émettre une critique :
Demain, si cela est possible, il pourrait y avoir un buffet avec des petits fours ?


*Un sourire aux coins des lèvres apparût sur le visage rond de Floto*
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